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Picard ? ch'timi, les limites du patois, du dialecte ...

Je ne pouvais m'essayer à une définition, aussi ai-je choisi un érudit parmi les érudits pour nous parler du patois picard ... ah zut je me suis trompé du dialecte picard ...
Il nous dit :

Picard, langue ou pas langue ?

 

Mariel DEMAYE

Coére dit ch’Mariel, écriveu picard

Présidint dé l’l’Achuchon « Dgise dins zz’Abes »

Dirigeu dé ch’jornal ‘L’Gazette éd chés Dgiseus »

 

Une question se pose : « Le picard est-il un patois, un dialecte ou une langue ? »

 

Nombre de personnes disent « patois ».

 

Les purs et durs disent « langue », d’où la bataille engagée avec les autorités ministérielles pour sa reconnaissance.

 

Définitions

 

Patois : c’est un parler local employé par une minorité souvent rurale, d’évolution moins brillante que le milieu environnant. Le « ch’timy » est un patois.

 

Dialecte : c’est une variété régionale d’une langue. C’est un ensemble de parlers possédant en commun un certain nombre de traits distinctifs. Le « picard » est plutôt retenu en tant que dialecte.

 

Langue : c’est un langage officiel avec des règles, des normes, au bon usage enseigné dans les écoles, avec une codification et une normalisation. Elle regroupe généralement plusieurs dialectes possédant des traits fondamentaux. La « langue d’oïl » d’abord, le « français » ensuite sont considérés comme des langues.

 

L’émergence d’une langue confère généralement au dialecte un statut marginal. Ce que n’acceptent pas de nombreux intellectuels et écrivains picards. Une académie a vu le jour (l’Académie d’chés Lafleurs) qui récompense les personnes qui font du bien à la Picardie avec chés Lafleurs éd chuque et chés Lafleurs éd brin. Le Festival de la Nouvelle d’abord à saint Quentin puis à Péronne récompense les auteurs de langue picarde.

 

Le parler de notre région

 

Du celte au latin

 

Les Gaulois parlent le gaulois qui est lui-même un dialecte de la langue celtique.

 

Les Romains imposent ensuite le latin, langue officielle issue du dialecte du Latium qui faisait partie de la langue italique.

 

Le latin importé par les légions romaines est un latin oral et vulgaire. Il faut lire ici populaire. En fait on disait du bas latin.

 

On constate rapidement de nombreux rapports entre le latin et le gaulois. L’étude montre que c’est tout à fait normal : le celtique et le latin faisant partie elle-même du grand ensemble des langues indo-européennes.

 

Le latin prend le dessus sur le gaulois qui ne va laisser que des substrats… cela aura pris 5 siècles.

 

Les invasions barbares

 

A partir du Vème siècles, des tribus déferlent sur notre sol, apportant leurs dialectes issus de la langue germanique qui appartient elle-même aux langues indo-européennes.

Pour notre région, l’invasion est franque. Elle s’arrête à la Loire et, peu à peu, le latin est infiltré et influencé par le parler germanique (un peu comme l’infiltration de notre langue, aujourd’hui, par l’américain).

 

C’est ainsi que naît la langue d’oïl opposée à la langue d’oc, au sud de la Loire, région conquise par les Wisigoths.

 

Pendant ce temps, au nord, la Bretagne se receltise. Le Pays d’Oïl correspond donc au nord de la France actuelle. La Picardie est le cœur même du Pays Franc. L’invasion de Clovis commence à Tournai et se termine à Soissons.

 

Tous les écrits de l’époque sont en latin, mais on peut penser que, sous les Capétiens, on ressent l’émergence des caractéristiques de la zone picarde.

 

Des évolutions

 

Les sons ‘’g’’ sont maintenus :

« gambus » en latin devient « jambe » en français mais reste « gambe » en picard.

 

Les sons ‘’k’’ en latin sont maintenus :

« campus » en latin devient « champ » en français mais reste « camp » en picard.

 

Les sons ‘’ki’’ – ‘’ke’’ – ‘’ti’’ évoluent et glissent ver ‘’ch’’ :

« cantione » en latin devient « chanson » en français et évolue vers « canchon » en picard.

 

Le domaine picard

 

Le domaine picard s’est toujours maintenu dans sa zone actuelle (voir la carte) mais on note une petite incursion dans la région de Francfort où, en 1900 encore, il était courant d’entendre les ruraux parler le picard : en 1598, à la signature de l’Edit de Nantes, les Huguenots picards s’exilent dans la région de Francfort (le "hameau picard" de Friedrichsdorf-am-Taunus").

  picard

Le terme « picard »

 

1099 : « Picard » commence à paraître dans les textes au XIème siècles. On parle d’un certain Picardus Wilhelmus qui participe à la 1ère Croisade.

 

Vers 1200 : Le picard était une langue orale mais peu à peu, des écrivains vont le noter sur le parchemin, comme le trouvère artésien Conon de Béthune (vers 1150- vers 1220) qui proteste contre la suprématie de la langue des seigneurs d’Ile de France dans un poème d’amour (moult me semont amors).

 

1232 : l’Université de Paris se regroupe en 4 nations : française, normande, anglaise et picarde.

 

1259 : Saint Thomas d’Aquin note :

« à l’intérieur d’une langue, il existe souvent des variantes. C’est évidemment le cas en France, en Picardie, en Bourgogne, et pourtant, il s’agit de la même langue. »

 

Au Moyen âge : les actes juridiques regorgent de formes picardes. Une littérature se développe.

 

A la fin du Moyen âge : le picard a le statut de langue officielle des Etats de Bourgogne.

 

Sous Louis XI : le gouvernement de Picardie favorise l’emploi du « bon français » proche du Francien qui est un dialecte.

 

1529 : le latin et les dialectes sont proscrits. Le français devient la langue officielle. Le picard n’est plus considéré que comme le langage populaire des gens n’ayant pas l’éducation du français.

 

Dans les siècles qui suivent, le paysan picard fait rire dans les pièces de Molière, Racine et les fables de La Fontaine.

 

Le picard moderne

 

Au XIXème siècle, bien que n’ayant pas le statut de langue, le picard continue d’évoluer. Les ruraux entrent dans les villes grâce à l’industrialisation. Dans les quartiers ouvriers, le picard devient le ciment d’une culture populaire (Lafleur et les Cabotans dans saint Leu à Amiens).

 

Dés 1850, c’est l’âge d’or de la Culture picarde avec une littérature riche. Dans les années qui suivent, des études sont lancées. De nombreux lexiques, des glossaires sont édités. Les études montrent qu’il existe un picard pour chaque village.

 

L’année 1914 représente un coup d’arrêt à l’essor du picard. De nombreux hommes sont morts à la guerre, une main d’œuvre étrangère afflue. Le vocabulaire s’appauvrit. L’Education rejette la langue, la considérant comme incorrecte. Avec l’évolution technique et les moyens de communication, le picard apparaît comme désuet.

 

De nos jours

 

Il existe une mémoire du picard (qui n’a pas dans sa famille une personne qui parle picard ? qui n’a jamais été en contact avec le picard ?). La langue connaît actuellement un renouveau avec un public curieux qui désire retrouver ses racines.

 

Le picard est devenu un matériau d’expression artistique. De nombreuses associations voient le jour, qui défendent la Culture régionale.

Le picard est présent au Théâtre de Chés Cabotans, dans les écoles, dans les journaux, les gazettes, la radio, à l’Université. Un enseignement de la langue et de la culture picarde est prodigué aux étudiants de 1er cycle. Des ateliers linguistiques picardisants sont créés.

 

Certes, le picard n’est pas vraiment parlé mais il suscite un grand intérêt.
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Commenter cet article
M
<br /> très intéressant, je pourrais dire que je me suis levée ce matin en ignorant que j'allais me coucher moins "bête". Bon, ok je suis un peu blonde sur les mèches !<br /> <br /> <br />
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S
<br /> de bon matin ça réveil tout ça !!!<br /> <br /> <br />
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P
<br /> je croyais que tu parlais des surgeles xptdr!!<br /> <br /> <br />
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